Ce criminel mon héros

criminels 1Il est maintenant de tradition de voir les foules se lever pour prendre la défense des criminels économiques et financiers, ceux-là même qui ont plombé le développement de notre pays en faisant preuve d’indélicatesse dans la gestion des deniers publics. Partis de  rien,  millionnaires  ou milliardaires devenus, ces délinquants en col blanc se sont payé une certaine immunité grâce à des connexions, voire des complicités dans les sphères politique et judiciaire. Et pour cause, ils ont de quoi monnayer  les soutiens  de la populace et autres groupes de pression, arguant qu’ils sont victimes de kabbale sur fond de divergence d’opinion politique.
La tentation est grande  de leur donner raison, puisque n’ayant jamais été inquiétés par le redresseur de torts tant qu’ils fréquentaient la cour,  ou qu’ils  appartenaient au premier cercle du monarque. Comme si la justice était frappée de cécité et de surdité devant les délits commis par ces hauts cadres de l’Etat. Comme si appartenir à quelque bord politique autorisait des errements en matière de gestion financière. La Cour des comptes ne dirait pas le contraire. Elle qui, depuis sa création, a levé beaucoup de lièvres et en a informé l’exécutif, sans qu’aucune sanction ne soit prise. A la moue de cette honorable institution, s’ajouterait la contrariété de quelques vertueux et dévoués investigateurs et maints juges, sommés par leur hiérarchie de stopper net des enquêtes compromettantes.

Comment ne pas s’interroger en voyant des criminels inculpés et incarcérés, se retrouver en liberté, bénéficier de promotions administratives ou politiques, puis célébrés dans la liesse populaire dans leurs fiefs? De quoi décourager bien d’initiatives judiciaires et installer la chienlit. De quoi  susciter des vocations de carotteur chez les gestionnaires des deniers publics.
Avec des promesses de rigueur et d’orthodoxie en matière de gestion faites par les  gouvernants, on avait cru naïvement à l’avènement d’une ère nouvelle. Entre audits, ouvertures d’enquêtes impliquant des anciens hiérarques du parti au pouvoir avec arrestations provisoires de certains, création de tribunaux d’exception pour juger des malfrats patentés, l’illusion a été bien entretenue. A l’épreuve des faits, les lignes n’ont pas réellement bougé. Les scandales financiers sont toujours monnaie courante, aujourd’hui comme par le passé. Ceux qui ont les mains dans le cambouis jouent les Crésus dans leurs villages. Ils se transforment en bienfaiteurs pour les populations paupérisées. Ils sont accueillis en enfants prodigues ou en héros. D’aucuns demandent le pardon pour les crimes d’antan sans pour autant rendre leurs trésors. D’ailleurs qui le leur réclame ? Cet or est fort bien utile pour assujettir les gueux et orienter les choix politiques, souvent en faveur du pouvoir.
Et voilà nos nervis devenus incontournables et intouchables. Ils en savent trop et ont des ramifications insoupçonnées grâce à un arrosage intelligent du système. De véritables boulets que traîne le pouvoir et qui risquent  de lui tomber lourdement sur le pied quand il voudra s’en débarrasser. Le peut-il seulement, puisque ces criminels ont su s’attacher les services d’efficaces avocats: les masses populaires admiratives et manipulables à souhait ? Comme disait Fernand Deligny « Quand on se met du côté des délinquants, des fous, des lycéens, la justice, l’école, l’asile, ont une drôle de gueule ; eh bien, de la même façon, quand on se met du côté des mutiques, c’est le langage qui a une drôle de gueule. »

 


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